Depuis le 1er septembre, la chasse au loup est ouverte dans l’Idaho. Y compris celle au loup gris, qui figurait jusqu’en mai dernier et depuis trente ans sur la liste des espèces menacées du gouvernement fédéral américain. Depuis, Washington a retiré cette espèce de la liste. La gestion de cette population de canidés est ainsi devenue la prérogative de l’Etat de l’Idaho, et ces prochaines semaines, 220 loups, soit le quart de la population totale de l’espèce (850) estimée dans cette partie des Montagnes Rocheuses, pourront être abattus. Plus de 6000 chasseurs ont acquis le permis (12$) nécessaire. (Photobucket.com)

Raison de cette “opération de contrôle”: l’apparente surpopulation de loups, qui pose des problèmes aux ranchers en s’attaquant au bétail, et qui gène les chasseurs en s’en prenant à leur gibier de prédilection: les daims et les cerfs. Le fait est que ce prédateur, qui était absent de l’Idaho en 1995, a réussi à prospérer depuis sa réintroduction, en Idaho et dans le Montana, en 1995. Il y en aurait aujourd’hui environ 1300 dans l’ensemble de cette région. Peut-être beaucoup plus selon les pourfendeurs de l’espèce, mais aussi pour certains biologistes au regard “neutre”.
Toujours est-il que la chasse autorisée par les autorités de l’Idaho - qui pourraient être suivies bientôt par celles du Montana - relance l’éternelle polémique sur la cohabitation de l’homme et de ce canidé, ainsi que celle de celui-ci avec le gibier. La “Rocky Mountain Elk Foundation”, à ce sujet, conteste que les populations de cerfs ait diminué. Au contraire, écrit-elle, le nombre de ces ongulés a augmenté au cours des trois dernières années pour atteindre un record de 115 000 individus. C’est la raison pour laquelle - toute naturelle - les loups sont plus nombreux. Ce qui permet à la “Northern Idaho Wolf Alliance” de critiquer l’ouverture de la chasse en affirmant que les prédateurs et leurs proies équilibrent mutuellement leur nombre, un fait constaté scientifiquement en ce qui concerne les cougars, les lions de montagne. Dans un territoire et sur une période donnés, le nombre de ces derniers augmente ou diminue en fonction de la population de leurs proies de prédilection.
La morale de cette histoire: les hommes ne peuvent toujours pas s’empêcher de voir des adversaires - et des concurrents pour le gibier - dans les grands prédateurs. En attendant une décision d’un juge fédéral du Montana qui pourrait annuler la décision de l’Idaho, ce commentaire sur un site Internet est à méditer:
Combien de fois voit-on un loup obèse ?
Combien de fois voit-on on chasseur obèse ?
Et lequel mérite le plus de se nourrir de cerfs ?
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