Ultras de la cause animale

La tombe de la mère de Daniel Vasella, le patron des laboratoires pharmaceutiques Novatis, a été vandalisée. On a bouté le feu à sa maison de vacances au Tyrol. Des cadres de Novartis ont reçu des balles de pistolet par la poste, des bombes ont été placées sous leurs voitures, les environs de leurs logements ont été tagués. Les ultras de la cause animale, qui refusent l’expérimentation animale dans la recherche de médicaments, sont de retour. Plusieurs autres labos ont été leurs cibles ces derniers temps en Suisse.

Ces “eco-terroristes” appartiennent à une mouvance radicale qui n’est pas exempte de bêtise. D’autres groupuscules ont par le passé “libéré” des oiseaux d’une volière  à Lausanne, ou des visons dans des fermes d’élevage en Angleterre, les condamnant à une mort certaine. Et ils ont leurs gourous. En Suisse, un professeur de philosophie de l’Université de Berne va faire paraître à la fin de l’année un livre intitulé “Libération animale et activisme”. L’été dernier, Klaus Petrus avait choqué la Suisse entière en affirmant que les humains devaient renoncer à posséder des animaux - y compris des animaux  de rente, comme les vaches -  et même  comparé l’utilisation des chiens d’aveugle à de l’esclavagisme.

L’expérimentations animale, certes, même si elle s’inscrit dans un cadre légal contraignant dans de nombreux pays occidentaux, provoque le malaise chez beaucoup d’entre nous. Mais comment accepter le totalitarisme de ces activistes ? On pourrait leur suggérer de s’attaquer à des pratiques plus “obscènes” que le recours à des singes et des souris pour tester des molécules: les fermes d’élevages de tigres ou d’ours qui existent en Chine, et dont la finalité est de procurer toutes sortes de poudres “miraculeuses”, issues d’organes de ces animaux et souvent aux prétendues vertus aphrodisiaques, à l’immense marché de la médecine traditionnelle asiatique.  Ce qui donne lieu à une boucherie révoltante, comme en témoigne cette photo prise dans une chambre froide de Guillin.

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J’ignore quelle est la position de Michael Douglas, mon héros dans “Cougar Corridor”, au sujet de l’expérimentation animale. Lui qui affirme que “ce qui est encore sauvage dans notre monde a le droit de le rester et la société a le devoir de le protéger” doit sans doute rejeter le principe de cette recherche. Mais la refuserait-il si elle débouchait sur un traitement médical capable de sauver un mal mystérieux qui aurait frappé sa compagne, Julie Bouchard ?

Mon ami Bob, dans le Montana, est loin de tout cela. Il traque des cougars en hiver pour le plaisir de les observer et les photographier. Et du printemps en automne, il gère les dérangements causés par des ours et des grizzlis qui s’approchent un peu trop des habitations. En mai dernier, Bob m’a photographié en compagnie d’un grizzly inoffensif chez un de ses amis, un taxidermiste. img_2418

Et à la fin de ce même mois, il a participé à la capture de plusieurs de ces géants pour les besoins d’une étude du département de la faune et des parcs du Montana. Il les a anesthésiés avant de les doter d’un collier muni d’un radio-émetteur qui permettra aux scientifiques de suivre ces animaux, de relever leurs déplacements, de mieux comprendre leurs habitudes, de délimiter leur territoire. En voici un, photographié par Bob, qui est prêt à livrer ses secrets.

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Michael Dupuis, dans “Cougar Corridor”, reconnaît l’utilité de cette recherche, tout en affirmant que, pour lui, elle “désacralise” le côté sauvage de ces animaux. Dans la nature comme dans la civilisation, nous sommes hélas toujours confrontés aux compromis.

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