Montana, mai 09

Alors que les cougars continuent à vivre leur vie - après avoir payé un certain tribu à la chasse hivernale - les ours du Montana sortent d’hibernation. Je suis retourné là-bas début mai. Le temps était encore frisquet, mais la végétation faisait déjà sortir les plantes dont se nourrissent ces animaux, et environ 15 % de leur population avaient émergé de leur long sommeil.

Bref, le temps était venu pour Charlie Jonkel, jonkel2directeur de la Great Bear Foundation et pionnier dans la recherche biologique sur ces animaux, de raviver une vieille coutume. Dans des temps plus anciens, la plupart des tribus indiennes célébraient le retour de l’ours dans des cérémonies destinées à honorer cette majestueuse créature, qui prend grand soin de sa petite famille et qui ne pose pas de problèmes aux humains si on le laisse en paix. Le retour de l’ours marquait le retour du printemps, donc de la vie.

Accompagné d’une vingtaine de personnes, Jonkel (photo: The Missoulian) a déterré quelques plantes dont se régalent les ours pour garnir un “wild bear food buffet” destiné aux participants. Ceux-ci ont marché avec lui le long de la Rattlesnake Valley, juste en-dessus de Missoula, qui abrite une vingtaine de tanières. Cette journée a été suivie d’une balade à travers Glacier National Park, au nord du Montana, dans l’espoir de voir les premiers ours reprendre leurs activités.

bear-grandfather-mtn-tim-floyd-778324Charlie Jonkel, a passé sa vie à étudier les ours polaires, les ours noirs (les plus communs) et les très puissants grizzlys, en vue de prendre des mesures de conservation pour leurs populations, notamment en protégeant leur habitat. L’habitat: tout est là en ce qui concerne la survie des espèces sauvages, et pas seulement les plus évoluées, comme les ours et les cougars.

Et en parcourant le Montana en ce mois de mai, j’ai une nouvelle fois été frappé de constater à quel point cet habitat naturel, dans cet Etat pourtant peu peuplé, est grignoté par ses habitants en l’absence de restrictions sur les zones à bâtir. Le moindre village de 500 habitants compte une vingtaine de maisons en son “centre”, et des dizaines d’autres bâtiments (habitations,fermes, garages, commerces) qui s’éparpillent plusieurs kilomètres à la ronde, tellement l’espace à disposition est vaste.

C’était la dixième fois, cette année, que Charlie Jonkel et ses amis organisaient cet “International Multicultural Bear Hororing”. En dépit de quelques (rares) incidents se traduisant par des blessures chez des gens lors de rencontres qui tournent mal, l’ours reste plutôt bien vu par la population dans le Montana. Contrairement aux loups, réintroduits ces vingt dernières années dans certaines région. Selon des sources apparemment fiables, ils se sont reproduits plus vite qu’attendu, et ils seraient aujourd’hui beaucoup plus nombreux que les 1600 individus officiellement recencés par les autorités de cet Etat. Leurs attaques contre le bétail semblent se multiplier. Va-t-on, bientôt, leur déclarer à nouveau la guerre ?

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