La Eastern Cougar Foundation (www.easterncougar.org/Newsletters) a publié dans sa Newsletter de décembre 2009 une critique de Cougar Corridor. En voici sa traduction.
Cougar Corridor. Par Florian Rochat. (2009 : en français) 235 pages. Editeur : Le Passage. Auteur: Dr. Lucina Hernandez, directeur, Rice Creek Field Station/professeur assistant au Département de sciences biologiques, Université de l’Etat de New York, Oswego, NY
En tant que scientifique avec une expérience des prédateurs mammifères terrestres, y compris les cougars, j’étais curieuse de voir comment le sujet des lions de montagnes pouvait être abordé dans un roman. Avec surprise et plaisir, j’ai appris que Florian Rochat avait abordé les enjeux importants et complexes de la prédation et de la conservation d’une manière compréhensible pour le public. D’une manière admirable, il le fait sans laisser de côté l’information scientifique sur le sujet. Il l’utilise au contraire pour construire un chef-d’œuvre. L’auteur touche le cœur du problème de la conservation de nombreuses espèces – la fragmentation de l’habitat naturel par l’urbanisation. Pour illustrer cet enjeu, Rochat a choisi une espèce qui, ici en Amérique du Nord, est confronté au problème : le cougar.
Dans ce livre bien documenté d’un point de vue scientifique, Rochat explique d’une manière simple les particularités de la biologie des cougars, en particulier leur dispersion. Il explique pourquoi ils ont besoin de voyager sur de longues distances et pourquoi il est parfois possible d’en voir près de zones urbaines.
Le livre est passionnant de la première à la dernière page. L’auteur maintient son lecteur collé à son histoire. Chaque jour, quand je lisais ce roman, je disais à mon mari John Laundré, qui est un spécialiste de la recherche sur les cougars, à quel point il était intéressant et combien il apporte d’importantes informations au public.
Même si ce livre s’attache à décrire le conflit entre humains et cougars, d’autres grand prédateurs, tels que les loups et les ours, sont confrontés à la même situation. Cougar Corridor excelle à aider les gens à comprendre les dimensions des activités humaines et la manière dont elles affectent la conservation de ces animaux. Ceci est amplement démontré lorsque l’auteur parle du désir chaque jour plus marqué qu’ont des gens de vivre près de zones naturelles et sauvages, en ne voyant pas qu’en même temps ils détruisent et fragmentent cette nature, détruisant l’habitat des espèces sauvages, et que tôt ou tard ils risquent une rencontre avec un animal tel que le cougar (page 30). La discussion au sujet de l’attaque d’un jeune homme par un de ces félins est particulièrement poignante par rapport à cet aspect souvent évoqué – et exagéré – des conflits impliquant des humains et des lions de montagne. D’une manière générale, ce sont les cougars qui
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paient le prix fort lors de ces interactions.
Il est triste que ce pays, où nous produisons une importante information scientifique au sujet des cougars, est le même pays qui refuse d’utiliser cette information de valeur pour protéger ces animaux. Ceci est particulièrement vrai pour le cougar de l’Est, dont les populations sont en danger, et la panthère de Floride. Nous, aux Etats-Unis, sommes confrontés aux conséquences de nouveaux développements urbains qui affectent une espèce lorsque nous perdons des habitats sauvages pour le seul avantage de quelques personnes. Le cougar symbolise le dernier bastion de vraie nature sauvage. Le fait que des populations du felis cocolor existent encore dans quelques endroits signifie que nous avons là des écosystèmes sains, avec tous leurs éléments – flore et faune (p.30).
Comme le déclare Michael Dupuis (un des personnages du livre) : « Nous devrions considérer que la vie et les zones sauvages qui demeurentsur la Terre ont le droit de le rester, et que notre société a le devoir de les protéger » (p. 233). J’espère que ce livre aidera les gens à comprendre la valeur des cougars et à les motiver pour les protéger. Rochat non seulement met le problème sur la table, mais il nous donne la solution – conservation de corridors naturels pour cette espèce et d’autres – d’où le titre du livre.
Je recommande ce livre non seulement pour le grand public, mais également pour les étudiants des différentes disciplines qui peuvent analyser les conflits relatifs à la conservation d’un prédateur. J’encourage aussi fortement l’auteur et son éditeur à envisager la traduction de cet excellent livre en espagnol et en anglais afin que les Nord-Américains - en dehors du Québec -puissent lire le message important que Rochat délivre d’une manière aussi éloquente.
(…) Ce roman est dans sa première partie une véritable ode à la nature du Montana et à cet animal absolument fascinant: le cougar. Mais il dénonce aussi les dérives de l’homme qui empiète chaque fois un peu plus sur le territoire animal, sans y prendre garde. Et pose ainsi la question de savoir quelle est la vraie place de l’homme dans la nature.
La seconde partie du roman est plus rythmée, plus basée sur l’action. Les personnages prennent une réelle épasseur et une force. De plus (…), la culture indienne est aussi très présente à travers le héros Michael Dupuis, ce qui amnène encore une vision et un autre horizon à cette histoire captivante.
Florian Rochat signe un premier roman qui va beaucoup plus loin que les simples convictions écologiques. C’est un vrai livre de réflexion, très documenté, présentant même des solutions comme les corridors. Ce style de sujet est plus souvent traité par les auteurs américains comme Jim Fergus (qui encense ce roman) ou Nicolas Evans, dont “Le Cercle des Loups” est très proche de “Cougar Corridor”. La plume passionnée de Florian Rochat est féline, pleine de puissance dans les descriptions animales, pleine de chaleur dans les personnages, pleine de liberté dans les images des grands espaces.
On suivra donc avec attention les prochains écrits de cet auteur suisse. Une nouvelle et belle découverte des Editions Le Passage. (Stéphane Foch, Plume libre)
Florian Rochat nous emmène dans un Montana estival où l’homme redevient une proie pour la faune sauvage. (…) Servi par une écriture précise et agréable, ce roman est celui d’un écrivain qui souhaite nous bouscouler un peu, nous confronter avec la nature, nous montrer que la cohabitation avec elle est possible et que de la destruction découlent trop souvent l’affrontement et la mort. Alors on se laisse porter par l’intrigue, on se laisse convaincre par l’engagement et la sincérité des uns et des autres, et surtout par la force narrative de Florian Rochat. (Arnaud Moulhiac, La Page des libraires)
(…) Fin connaisseur de la faune des Rocheuses, et partisan d’un progrès respectueux de l’habitat naturel des espèces, (Florian Rochat) tisse ici un “polar écolo” dans lequel les magouilles meurtrières des agents immobiliers locaux vont se heurter à un policier d’ascendance amérindienne qui va faire corps avec la nature sauvage pour mieux vaincre le péril moderne. Il y a du Hillerman dans Rochat, c’est pas tous les jours que ça arrive. (Direct Marseille Plus)
(…) Avec pour terrain de jeu les grands espaces du Nord-Ouest américain, les cougars occupent la première place dans ce polar écologique mais sauvage. Sauvage comme un de ces félins qui, dès le début du livre, pose le décor et laisse un adolescent avec “un grand trou rouge à la place de ce qui avait été son visage”. Une cruauté effroyable que le romancier va pourtant démonter, expliquer, justifier. Pourquoi l’animal, certainement affamé, s’est-il autant approché des habitations ? Faut-il en avoir peur ? Comment prévenir ces attaques ?
(Le Montana), grand comme presque dix fois la Suisse (…) pour une population de moins d’un million d’habitants, n’est pas à l’abri de la frénésie immobilière voulue par les hommes. Florian Rochat dénonce ainsi la cupidité, l’égoïsme et l’ignorance de ceux qui ont décidé de faire passer leurs intérêts avant toute considération sur la préservation de l’environnement, et notamment celui des cougars.
Dans un premier roman juste et militant, Florian Rochat dénonce, sans complaisance et avec beaucoup de pertinence, un désastre écologique où les aniumaux sont les premières victimes et annoncent in fine des lendemains inhumains. (Emmanuelle Drevon, Tribune de Genève)
(…) C’est à la suite d’un article paru dans le National Geographic, en 1992, qu’est née la passion de Florian Rochat pour les cougars. Cet amoureux des grands espaces a tout de suite été séduit par le côté aventure qui se dégage de l’Ouest américain. D’ailleurs, le nature writing - un genre littéraire né aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, mêlant obervation de la nature et considérations autobiographiques - transpire de son ouvrage. (…) Cougar Corridor”: un roman intelligent qui sert magnifiquement à la compréhension et la cohabitation entre les animaux sauvages et les hommes. (Daniel Bujard, La Côte)
(…) Florian Rochat qualifie son roman de “polar écologique”. Pour nous, “Cougar Corridor” est surtout un hymne à la nature, à la vie sauvage, à la planète, au cosmos. (…)
Deux personnages émergent dans cette aventure: Julie, une écologiste, qui a pour projet la création de corridors destinés à faciliter les migrations des grands fauves et éviter les interactions entre les prédateurs et les humains; Michael, un spécialiste des lions de montagne. C’est un sang-mêlé, par une aïeule indienne. Il porte en lui une antique connivence avec les félins. Le terme de “chamanisme”, même si l’auteur du livre de l’emploie pas, s’impose de lui-même à la toute fin de cet ouvrage. (…)
Florian Rochat ne cède jamais à la facilité du manichéisme, ses héros sont des êtres simplement humains, dignes dans leur grandeur et dans leur misère. L’écriture nous réserve de beaux moments, des descriptions qui donnent envie de prendre le premier avion pour le Montana ou tout au moins de fermer les yeux et de rêver de grands espaces. (Michelle Talandier, Journal de Cossonay)
En lisant ce premier roman d’un journaliste suisse, on croit avoir entre les mains un livre traduit de l’américain, tant il nous rappelle ces auteurs très documentés, friands des grands espaces où se mêlent des personnages atypiques de la société profonde du Nouveau Monde. Cette sensation est encore accentuée par le cadre où se déroule l’action, un Etat des USA mythique, le Montana (…)
Nous sommes, ici, au coeur du débat écologique de la protection de la faune et de l’environnement. Le lion des montagnes, le cougar (…), félin magnifique (…), est la cause du choc entre partisans de sa protection et inconditionnels de la primauté de l’homme sur la création. A cela s’ajoutent des promoteurs à cent lieues de toute préoccupation humaine et écologique (…) Un très beau livre. (François Joly, la Tribune)
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